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Article inédit - Synthèse

Pia McMahon

Les contes comme ressources pour résoudre des schémas inadaptés et des épisodes complexes pathogènes

Dans la Psychologie Analytique (PA) autant que dans la Schémathérapie (ST), des concepts sont décrits expliquant comment des troubles psychiques peuvent apparaître en raison de modèles relationnels dysfonctionnels. Les épisodes complexes pathogènes dans la PA (cf. Kast, 2008) correspondent à ce sujet aux schémas inadaptés de la ST (cf. Young et al., 2008). Il s’agit là d'épisodes relationnels difficiles généralisés, qui reflètent les histoires relationnelles de l'enfance et de la vie d’adulte. Intérieurement, deux personnes sont face-à-face, représentées par un enfant et une personne de référence (cf. Kast, 2007, p. 14). Dans l’indentification avec des aspects partiels, la PA différencie le pôle adulte et le pôle enfant (cf. Kast, 2008, p. 36 s.), alors que la ST parle d’un mode adulte (intérieur) et d’un mode enfant (cf. Roediger, 2009, p. 43). Le pôle adulte et enfant, respectivement les pôles parents et enfants, représentent là des évaluations et des représentations négatives (par ex. des modes parentaux dysfonctionnels, vécus comme des modes qui sanctionnent ou sont exigeants) et des états émotionnels actuels intensifs (par ex. les modes enfants suivants : abandonné, triste, en colère, etc.).

Des comparaisons théoriques sont effectuées par les représentants des deux approches (cf. Young et al. 2008, p. 91 s.; Knox, 1999; 2004, p. 66) avec la théorie de l’attachement selon Ainsworth et Bowlby (1991), avec les modèles de travail intérieurs selon Bowlby (1973/1975/1979) et avec les types d’attachement qui en résultent selon Ainsworth et al. (1978), que Roediger met en lien avec les différents styles pour les surmonter (cf. Roediger, 2011, p. 58 s.). Conclusion : Différents chercheurs reconnus voient des parallèles entre leurs approches et la théorie de l’attachement, qui part du principe qu’un enfant a des « dispositions innées » (Schlegel, 2013, p. 91), respectivement un « instinct d’attachement » (Young et al., 2008, p. 91), pour, précisément, s'attacher à une figure d'attachement. Pour Young et al., les schémas inadaptés doivent donc être compris comme des modèles de travail dysfonctionnels « et les réactions caractéristiques aux figures d’attachement comme des styles pour les surmonter » (Young et al., 2008, p. 93).

A l’intérieur des deux concepts, on part du principe que le processus de réalisation de ces modèles relationnels dysfonctionnels conduit à des tendances réactionnelles stéréotypées (Comportement pour se défendre, compenser ou surmonter), pour protéger la personne concernée des états émotionnels douloureux de l'enfance.

Le but de ces deux démarches est de modifier les évaluations cognitives négatives et de rendre conscient le vécu primaire des états émotionnels de l'enfance. Cela signifie les accepter comme agencement intérieur ou comme partie intérieure personnelle, développer de la responsabilité et de l’empathie à leur égard (cf. Schlegel & Kast, 2009, p. 92) et aussi mettre en route un processus de mentalisation, c’est-à-dire aussi se créer une clarté sur son propre état psychique (Fonagy et al., 2006 selon Schlegel, 2013, p. 91). Les besoins fondamentaux frustrés, qui ont conduit à l’élaboration du schéma ou de l’épisode complexe, pourraient ainsi être reconnus et satisfaits dans le processus thérapeutique, d’une manière ou d’une autre selon l’orientation thérapeutique et la capacité de mentalisation de la patiente.

Environ quatre cinquièmes de tous les contes sont des histoires de relations entre des personnes (Kast, 1992, p. 9), c'est un énorme réservoir de schémas et d’épisodes complexes. Les contes s’expriment en symboles et les côtés imagé et imaginatif d’une personne sont interpellés (cf. Kast, 2003, p. 274) ; les contes correspondent à l’univers émotionnel des enfants. Utiliser des contes peut aider à décoder ce monde émotionnel. Les contes offrent ainsi à l’intérieur du processus thérapeutique, entre autres, la possibilité d'observer les émotions primaires du mode enfant, respectivement du pôle enfant, en utilisant un « tiers » commun comme « joint referencing » (Roediger, 2009, p. 59) d’abord avec empathie puis avec distance. Cela ouvre des possibilités de prise de conscience, de développement d’empathie pour ces états, pour soi-même et pour la mentalisation.

Les contes représentent l’héritage culturel et humain des histoires relationnelles et ils montrent de nouvelles voies de solutions sous une forme symbolique. La présente contribution explique, au moyen d’un résumé simplifié du conte « le Pèlerin » de Poméranie (cf. Kast, 1992, p. 72s), comment l’apparition et la résolution de modèles relationnels dysfonctionnels sont reproduits dans les contes et comment il est possible par là de développer des ressources dans un processus thérapeutique.

Mots-clés: Psychologie analytique, complexe, épisodes complexes, contes, mode, ressources, schéma, Schémathérapie

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