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Article inédit (Synthèse)

Jochen von Wahlert, Robert Mestel

La méthode du bonding dans le cadre de la psychothérapie de patients hospitalisés

Le bonding est une méthode spécifique à la psychothérapie corporelle, qui a été élaborée dans le cadre de la thérapie des dépendances. Cette méthode est utilisée soit dans des groupes, soit auprès de patients hospitalisés. Les auteurs présentent sa conception, ses indications et contre-indications spécifiques, ainsi que ses applications pratiques. La méthode comme sa pratique sont issues de la psychologie humaniste et des expériences pratiques accumulées lors des années 1970. Le bonding est une méthode psychothérapeutique qui est utilisée de manière différenciée, en fonction des indications et dans le cadre d’une relation thérapeutique; il permet aussi d’exploiter les ressources du patient en l’encourageant à faire preuve de résilience au niveau de son attitude et de ses rapports avec l’existence.

Le processus thérapeutique est présenté en détail en référence au contexte de la théorie de l’attachement et à celui de la recherche contemporaine sur le cerveau, ainsi qu’à l’approche de type processus/expérience élaborée par Greenberg. En collaboration avec Stauss, l’ancien directeur de la clinique de Bad Groenenbach, les auteurs montrent que et comment la méthode permet d’ancrer des compétences qui permettent de mieux satisfaire des besoins fondamentaux, vitaux et neurobiologiques, en rapport avec les relations proches, l’attachement, l’autonomie, la valeur de soi, le bien-être corporel, ainsi que le plaisir et le sens de la vie. Cela est possible parce que, justement, on se concentre sur les atteintes portées au parcours biographique du patient en cernant les personnes qui ont le plus marqué sa capacité à l’attachement. C’est ce processus qui est activé lorsque la méthode du bonding est utilisée. Cela permet de surmonter des attitudes négatives, des blocages somatiques et des schémas de comportement (auto-)destructeurs.

Le bonding est étroitement associé à une conception et à une mise en pratique de la notion de collectivité thérapeutique. Les auteurs présentent de manière différenciée la manière dont la méthode est appliquée dans le cadre d’une clinique.Ils discutent également le processus et les résultats de cette forme de psychothérapie en se référant aux concepts centraux à la neurobiologie. Le processus de bonding active la production d’ocytocine. Cette hormone joue un rôle important au niveau de l’attachement en améliorant la confiance dans une relation et dans le phénomène relationnel. Selon les auteurs, lorsque la thérapie a permis de gérer les émotions de manière optimale, un schéma affectif est activé et exploré par le biais d’une utilisation consciente de l’attention. Ce travail permet de réévaluer des réactions physiques et psychiques, ainsi que les mécanismes de défense et de protection qui sont stockés sous forme de réseaux neuronaux et qui, lorsqu’ils sont stimulés, peuvent être à nouveau constellés sans que le patient en soit conscient.

Lorsque, au cours du processus de bonding, la capacité de régulation inhérente au cortex préfrontal est activée et encouragée et qu’une expérience nouvelle – somatique et émotionnelle – est vécue, il devient possible de reléguer consciemment au passé la douleur, la peur, etc., ce qui permet de réorganiser le schéma émotionnel. Durant cette phase, des substances neuroblastes sont libérées, qui désactivent certains liens synaptiques et en créent de nouveau. Ceci contribue à activer un système motivationnel, à produire de la dopamine et à placer l’organisme dans un contexte où il sera prêt à s’activer dans un contexte optimiste. Dans ce sens, on pourrait dire que le bonding a des effets véritablement antidépresseurs.

Le processus de bonding permet donc au client de vivre une expérience réelle dans le cadre de la thérapie et ne sert pas uniquement à traduire des expériences en une représentation verbale. Est bien sûr favorable au processus un milieu thérapeutique qui servira de contexte et d’espace permettant de corriger émotionnellement certaines expériences. Les auteurs mentionnent plus particulièrement les différentes contre-indications à cette méthode, comme les troubles sévères de la personnalité, l’érotisation compulsive des relations, les modes inadéquats de contacts humains, etc.

Même si cette méthode psychothérapeutique n’a pas encore été suffisamment étudiée et si ses effets ne sont pas encore clairs, il semble que d’un point de vue empirique ces effets sont positifs. En setting hospitalier, elle peut être très utile comparée à d’autres offres. Dans le ranking des facteurs efficaces publié pour la période 1993-2005, le bonding occupe le quatrième rang des 29 méthodes de traitement offertes en milieu hospitalier, les trois premières place étant occupées par « vie en communauté », « groupes de femmes » et « entretiens individuels ».

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